Foire nationale et Forum paysan 2026 : l’OAP partage les innovations issues du terrain
Les 3 et 4 septembre 2026, Gitega a accueilli la Foire nationale agricole et le Forum national paysan, placés sous le thème « Transformation de l’agriculture burundaise par le développement des chaînes de valeur, de l’agroécologie et la promotion des intrants agricoles locaux pour une souveraineté alimentaire durable ». L’OAP asbl y a pris part aux côtés des producteurs et d’autres acteurs du secteur, dans un rendez-vous qui a mêlé exposition de produits, partage d’innovations et dialogue sur l’avenir de l’agriculture burundaise.
Les producteurs accompagnés par l’OAP en vedette
Dans l’espace d’exposition,les producteurs accompagnés par l’OAP ont exposé leur savoir-faire. Ainsi une coopérative engagée dans la transformation de l’huile de palme a notamment exposé son huile ainsi que des produits dérivés, dont du savon .
Au-delà de l’exposition elle-même, ce genre de rendez-vous permet surtout aux producteurs d’échanger directement avec le public et avec d’autres acteurs des chaînes de valeur, et de faire connaître ce qui se construit au quotidien dans leurs communautés. C’est d’ailleurs ce qui guide l’approche de l’OAP : accompagner les producteurs ne se limite pas à renforcer leurs capacités techniques, il s’agit aussi de leur donner des occasions de présenter eux-mêmes leurs solutions et de faire entendre leur expérience.
Des bio-intrants nés du terrain
Le Forum a par ailleurs été l’occasion pour l’OAP de partager ses propres expériences en agroécologie. L’organisation est intervenue sur le thème « État des lieux de la production et de l’utilisation des biopesticides et biofertilisants au Burundi », dans une présentation assurée par Laurent Niyonzima, Responsable de l’axe Renforcement institutionnel et chargé de suivi-évaluation à l’OAP.
Cette intervention s’appuyait sur les travaux menés au Centre Agroécologique de Formation et de Transfert d’Innovations (CAFTI), un espace de plus de six hectares implanté à Nyarumpongo, en commune d’Isare, avec l’appui d’Entraide & Fraternité. Le centre y accueille producteurs, jeunes et techniciens venus expérimenter des pratiques adaptées aux réalités des exploitations familiales — notamment trois biopesticides produits à partir de ressources locales :
- la protection de la pomme de terre ;
- la protection du chou (Ã base de ricin) ;
- la protection du haricot (Ã base de Tephrosia).
Autant d’exemples qui traduisent la même logique : partir des réalités du terrain, tester des solutions accessibles, puis accompagner leur appropriation par les communautés.
Le compostage rapide, une réponse au coût des intrants
L’OAP a également fait le point sur ses expérimentations en matière de biofertilisants, à travers deux activateurs biologiques développés pour accélérer le compostage. Le premier, l’activateur AEIGB, élaboré à partir d’extraits d’intestins grêles de bovins, a permis de ramener la durée du compostage à sept jours dans les conditions testées — contre plusieurs mois pour un compostage classique. Le second, l’activateur AV, repose sur l’utilisation de vinaigre et de gros sel comme autre voie possible pour stimuler la décomposition des matières organiques.
Derrière la technique, l’enjeu reste concret pour les producteurs : comment mieux valoriser ce qui est déjà disponible localement pour améliorer la fertilité des sols et réduire la dépendance aux intrants externes.
Un forum aussi tourné vers le dialogue
Au-delà des stands et des présentations techniques, le Forum national paysan a laissé une large place aux échanges entre producteurs, organisations paysannes et acteurs du développement. Les discussions ont porté sur les chaînes de valeur, les semences paysannes, les cultures résilientes face au changement climatique, l’agroécologie et la promotion des intrants agricoles locaux — avec, à la clé, une déclaration réunissant les principales recommandations issues des échanges.
Faire dialoguer le terrain et les politiques nationales
Pour l’OAP, cette participation résume assez bien sa démarche : relier ce qui se vit dans les communautés aux discussions qui façonnent les politiques agricoles nationales. Les produits présentés par les coopératives, les innovations testées au CAFTI et les échanges autour des bio-intrants racontent la même histoire — celle de communautés qui disposent déjà de savoirs et de solutions capables de construire une agriculture plus résiliente.
En accompagnant les producteurs, en animant des espaces de formation comme le CAFTI et en participant à ces cadres de dialogue, l’OAP poursuit son engagement pour une agriculture qui valorise les savoirs locaux et donne aux producteurs une place active dans la construction des réponses aux défis qu’ils rencontrent.