Bujumbura : les femmes leaders se mobilisent pour une participation accrue au développement

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Dans le cadre de son programme « Gouvernance et Développement » appuyé par 11.11.11, l’Organisation d’Appui à l’auto-promotion (OAP asbl) a réuni le 27 avril 2026 à son siège, un panel de femmes leaders de la province de Bujumbura. Cet atelier d’échanges, loin d’être une simple formalité, a permis de poser un diagnostic sans concession sur la place de la femme dans les instances de décision.

Dix-sept participantes, parmi lesquelles des députées, des conseillères de gouverneur, des membres de bureaux de conseils communaux et des administratrices, ont répondu à l’appel de l’OAP. L’objectif était clair : transformer la représentativité numérique en une force de proposition concrète pour le développement du pays.
L’ouverture des travaux a été marquée par l’intervention de Mme Micheline Bigirimana, Conseillère du Gouverneur chargée des affaires sociales et culturelles. En appelant à la production de propositions tangibles, elle a souligné l’urgence de sortir des discours théoriques pour influencer tous les secteurs de la vie publique.

Cette ambition est au cœur de la mission de l’OAP. Comme l’a rappelé son Secrétaire Général, Monsieur Ernest Niyonzima, l’organisation structure son action autour de deux piliers majeurs : l’animation conscientisant pour l’équité de genre et la promotion d’une gouvernance locale inclusive. Pour l’OAP, l’épanouissement économique et politique de la femme n’est pas un idéal isolé, mais le moteur indispensable de la cohésion sociale et de la participation citoyenne.

Sous la facilitation d’une experte du Ministère de l’Intérieur, les débats ont permis d’identifier des obstacles structurels et socioculturels persistants. Au-delà des barrières économiques qui limitent l’autonomie, les participantes ont pointé du doigt des facteurs internes à la condition féminine actuelle.

Femmes bujumbura burundi

Le manque de solidarité lors des joutes électorales, une faible estime de soi et le poids des stéréotypes culturels ont été cités comme des freins majeurs. Ce constat lucide montre que le combat pour l’égalité ne se joue pas seulement dans les textes de loi, mais aussi dans le changement des mentalités et le renforcement de la confiance au sein du leadership féminin lui-même.

Vers une stratégie de plaidoyer et d’action

Pour inverser cette tendance, l’atelier a débouché sur une feuille de route articulée autour de trois axes de responsabilité.

  1. Au niveau institutionnel, les leaders appellent l’État à adopter des politiques plus sensibles au genre et, surtout, à engager une réflexion constitutionnelle pour relever le seuil de représentativité des femmes au-delà des 30 % actuels.
  2. Sur le plan social, l’accent est mis sur l’éducation des filles, la réintégration des filles-mères et la sensibilisation communautaire pour briser les préjugés.
  3. Sur le plan opérationnel, les élues se sont engagées à agir directement sur le terrain. Cela se traduira par un appui renforcé à la création de coopératives de développement en milieu rural, le mentorat de nouvelles figures féminines et un plaidoyer constant pour une présence accrue des femmes dans les cercles de décision.

Cette rencontre à Bujumbura constitue la première étape d’un cycle qui se poursuivra dans la province de Burunga. Ces réflexions ne resteront pas lettre morte : elles serviront de base à l’élaboration d’une note de plaidoyer stratégique. Ce document, destiné aux décideurs nationaux, aura pour mission de porter la voix des femmes leaders afin que leurs droits en matière de participation et de développement soient pleinement intégrés dans l’agenda politique du pays.

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