Processus de changement de systèmes d’exploitation agricole dans les ménages accompagnés par le programme de promotion de l’agriculture familiale mise en œuvre par l’OAP

Cas de Gaspard MINANI de Mayemba/Nyabiraba

L’agri-éleveur  Gaspard MINANI, âgé de 48 ans, chef de ménage de 10 membres : le mari et sa femme et 8 enfants dont 3 garçons et 5 filles habitant la sous-colline Mayemba de la collineMayemba, zone Nyabibondo de la commune Nyabiraba est membre du groupe de rayonnement animé par l’agri-éleveur  LéopoldNDIWENUMURYAGO de la colline Gasarara de la zone Nyabibondo de la même commune Nyabiraba. Le ménage de Gaspard s’est installé sur un terrain en forte pente(plus de 45%), très pauvre dont la végétation est dominée par l’Eragrostis signe de sa faible fertilité et de son acidité prononcé. En plus de sa forte pente, l’exploitation de Gaspard en bas d’une piste reçoit les eaux de ruissellement déversées par les caniveaux, ce qui la prédispose au phénomène de ravinement.

 

Conscientisé et accompagné techniquement par l’agri-éleveur/animateur Léopold NDIWENUMURYAGO bénéficiaire de la première phase du programme « Promotion de l’agriculture paysanne » 2008-2011, Gaspard MINANI bénéficiaire de l’accompagnement paysan-paysan et de la génisse troisième génération de la vache mise à disposition à Léopold au cours de la phase I remboursée par BARAKAYIKO Emile aussi membre du groupe de rayonnement animé par Léopold. Egalement renforcé en capacités de production  (techniques agropastorales, moyens de production : outils aratoires, semences…) par la phase III du programme, MINANI Gaspard a compris que tout terrain peut produire s’il est bien protégé et sa fertilité restaurée. Actuellement son exploitation est protégée par des fossés anti-érosifs plantés d’herbes fixatrices, les ravins qui traversaient son terrain et ceux des voisins sont progressivement arrêtés, les pratiques culturales sont améliorées où rotations et associations raisonnées des cultures et paillage sont devenues habituelles chez lui. En plus de la vache (3ème  génération de la chaîne de solidarité du groupe de rayonnement animé par Léopold) reçue du deuxième bénéficiaire de la chaîne, son ménage s’est acheté des porcs pour augmenter davantage la fumure organique en vue d’augmenter durablement la productivité son exploitation agricole. Notons que Gaspard MINANI est aujourd’hui animateur de son propre groupe de rayonnement (agriculteurs voisins)et le taureau quatrième génération premier né de sa vache (3ème génération) a été mis à disposition de BIRIKUNDAVYI Gérard, son voisin agriculteur membre du groupe de rayonnement qu’il anime.

 Cas de MPITABAKANA Mathieu deKayengwe/Burima II/ Mutambu

Marié, âgé de 48 ans et père de 5 enfants dont 4 garçons et 1 fille, son fils ainé en cycle supérieur des écoles secondaires, MPITABAKANA Mathieu est un agri-éleveur de la commune Mutambu, colline Burima II et sous-colline Kayengwe.  Son ménage menait une vie modeste comme par ailleurs la plus part des ménages burundi. Il vit essentiellement de l’agriculture et la productivité de son exploitation était faible.  Il est partenaire depuis Octobre 2014 et grâce au projet d’intégration agro-écologique et gestion rationnelle des ressources en eau pour l’amélioration de l’accès durable aux moyens de subsistance appuyé financièrement par Oxfam/Allemagne-BMZ, son ménage a bénéficié des actions de renforcement des capacités en techniques agropastorales et en moyens de production( une vache et semences). Actuellement, son exploitation est protégée contre l’érosion par les fossés anti-érosifs plantés d’herbes fixatrices servant de fourrage pour ses animaux, il produit assez de fumier organique pour la restauration progressive de la fertilité de son exploitation agricole. Suite à ses pratiques d’intégration agriculture-élevage et sylviculture, la productivité de son exploitation ne cesse d’accroitre, ainsi que les revenus de son ménage.   

Processus d’intégration socio-économique des ex-combattants  accompagnés par le projet "Réinsertion socioéconomique des ex-combatants" mise en œuvre par l’OAP

1.    Cas de HATUNGIMANA Germain de Mugongo/Kabezi

Ce coiffeur s’appelle HATUNGIMANA Germain de la sous-colline Mugongo, colline Kabezi, zone Migera, commune kabezi, province de Bujumbura. Il est âgé de 36 ans. Il et marié (à une seule femme) et père de 4 enfants dont 2 jumeaux : 1 fille et 3 garçons. Sa fille ainée qui a 12 ans étudie  à l’Ecole Fondamentale de Kabezi II en 5ème année primaire. Le cadet qui est âgé de 8 ans étudie à l’Ecole Fondamentale de Kabezi III en 3ème année primaire, tandis que les deux jumeaux (garçons) âgés de 6 ans étudient en première année primaire à l’école Fondamentale Kabezi I après avoir terminé l’école maternelle à Kabezi même.

Hatungimana Germain est bénéficiaire du projet "Réinsertion socio-économique des ex-combattants" depuis le début. Il dit avoir beaucoup bénéficié du projet sur deux côtés.

· Du côté comportemental et relationnel avec les autres, le projet lui a enseigné avec les autres sur la cohabitation pacifique, la résolution pacifique des conflits, la tolérance, le respect des opinions ainsi que des droits des autres. Grâce à ces enseignements, ce bénéficiaire issu du CNDD-FDD, s’est réconcilié avec les autres ex-combattants issus d’autres mouvements politiques ou des forces armées burundaises et il affirme ils vivent actuellement en frères tout en s’entraidant mutuellement pour les activités d’auto développement, de développement communautaire ainsi que les activités de consolidation de la paix dans leur localité à travers les comités de paix.

· Du côté de l’auto-promotion, Nkeshimana Germain dit qu’après avoir bénéficié des séances de formation et de sensibilisation sur l’initiation des AGRs, sur la rédaction et la mise en exécution des projets de développement, son esprit a été ouvert et qu’il a commencé à tout faire pour démarrer son métier de rêve : la coiffure. Il a commencé à vendre les récoltes de son champ de manioc (qu’il avait vendu à 250 000BIF) et s’est acheté une tondeuse. Après l’initiation de l’approche SILC, il a adhéré au groupement qu’ils ont initié chez eux et à partir des crédits qu’il a contractés dans ce SILC, il a pu s’acheter une autre tondeuse ainsi qu’une plaque solaire qui procure du courant électrique en permanence. Actuellement, il reçoit des clients en suffisance à son salon de coiffure (dont l’équipement coute environ 1 000 000 BIF au total) et il enregistre un bénéfice avoisinant les 100 000 ou 150 000 BIF par mois) après avoir payé le loyer de 20 000 BIF par mois. En plus de ce salon de coiffure, il s’est acheté de deux chèvres qui lui procurent de la fumure organique pour ses champs.  Il est donc satisfait du SILC et ne cesse d’en faire des éloges parce qu’il lui a permis de franchir cette étape de la vie.

Comme perspectives d’avenir, il compte améliorer la qualité de service, engager un autre coiffeur qu’il va payer et construire son propre salon de coiffure plus moderne et plus équipé en vue d’augmenter le revenu.

 

 

Informations supplémentaires